Le logiciel accidents du travail
Déclaration terrain, CPAM, analyse des causes et indicateurs.
Un salarié se blesse : que faire dans l'heure, dans les 48 heures et dans les semaines qui suivent ? Le pas-à-pas de l'employeur, de la déclaration à la CPAM jusqu'au plan d'actions.

Déclarer un accident du travail n'est pas une simple formalité administrative. Les délais sont courts, les erreurs coûtent cher, et la déclaration n'est que le point de départ : c'est l'analyse qui suit qui évite que l'accident se reproduise.
Le Code de la sécurité sociale considère comme accident du travail, quelle qu'en soit la cause, l'accident survenu par le fait ou à l'occasion du travail à toute personne salariée (article L411-1). Concrètement, trois éléments sont réunis : un événement soudain, une lésion (physique ou psychique) et un lien avec le travail.
Un accident qui survient sur le lieu et pendant le temps de travail est présumé d'origine professionnelle. C'est à l'employeur ou à la CPAM de prouver le contraire, par exemple que le salarié s'était soustrait à l'autorité de l'employeur pour un motif personnel.
Porter les premiers secours, appeler le 15 ou le 112 si besoin, et sécuriser la zone pour éviter un sur-accident. Les secours passent avant toute démarche.
La victime, ou un tiers, prévient l'employeur dans la journée, au plus tard dans les 24 heures, sauf force majeure ou motif légitime (article R441-2).
L'employeur remet au salarié la feuille d'accident du travail ou de maladie professionnelle. Elle lui permet d'être soigné sans avancer les frais.
L'employeur déclare l'accident à la caisse primaire du salarié dans les 48 heures, non compris les dimanches et jours fériés, à compter du moment où il en a connaissance (article R441-3).
Si l'employeur doute du caractère professionnel de l'accident, il peut adresser des réserves motivées à la CPAM.
Analyse des causes, plan d'actions et mise à jour de l'évaluation des risques.
La déclaration se fait sur le formulaire de déclaration d'accident du travail ou de trajet (Cerfa n° 14463), de deux façons :
Pour que la déclaration soit exploitable, rassemblez dès le départ :
En cas d'arrêt de travail, l'employeur transmet aussi l'attestation de salaire, qui permet à la CPAM de calculer les indemnités journalières. Dans la plupart des cas, elle passe par la DSN.

L'employeur qui conteste le caractère professionnel de l'accident peut formuler des réserves motivées, au moment de la déclaration ou dans un délai de 10 jours francs à compter de celle-ci (article R441-6).
Les réserves ne peuvent porter que sur les circonstances de temps et de lieu de l'accident, ou sur l'existence d'une cause totalement étrangère au travail. Une simple formule de principe (« l'employeur émet des réserves ») n'a aucune valeur : elles doivent s'appuyer sur des éléments précis.
La CPAM dispose ensuite de 30 jours francs pour statuer sur le caractère professionnel de l'accident. Lorsqu'elle engage des investigations, notamment en cas de réserves, ce délai est porté à 90 jours francs, avec l'envoi d'un questionnaire à l'employeur et au salarié.
Pour les accidents qui n'entraînent ni arrêt de travail ni soins médicaux (une petite coupure soignée par le secouriste, par exemple), l'employeur peut remplacer la déclaration à la CPAM par une inscription au registre des accidents du travail bénins (article R441-5).
Cette possibilité est soumise à conditions : présence permanente d'un médecin, d'un infirmier ou d'une personne formée aux premiers secours, existence d'un poste de secours, et information du CSE. Si l'accident entraîne finalement un arrêt ou des soins médicaux, l'employeur doit alors effectuer la déclaration classique dans les 48 heures.
Bien tenu, ce registre est précieux : les petits accidents et les situations dangereuses sont autant de signaux faibles qui annoncent les accidents graves.
| Situation | Ce qui change |
|---|---|
| Salarié intérimaire | L'entreprise utilisatrice informe l'entreprise de travail temporaire dans les 24 heures. C'est l'agence d'intérim, employeur juridique, qui déclare l'accident à la CPAM. |
| Accident mortel | En plus de la déclaration, l'employeur informe l'inspection du travail immédiatement et au plus tard dans les 12 heures suivant le décès (article R4121-5 du Code du travail). |
| Accident grave | Le CSE peut mener une enquête et doit être réuni à la suite de tout accident ayant entraîné ou pu entraîner des conséquences graves. |
| Salarié d'une entreprise extérieure | C'est son propre employeur qui déclare. L'entreprise d'accueil a intérêt à analyser l'accident avec lui et à revoir le plan de prévention. |
| Employeur jamais informé | Le salarié dispose de deux ans pour déclarer lui-même l'accident à sa CPAM. |
À ces sanctions s'ajoute le risque d'être poursuivi pour faute inexcusable si l'employeur avait ou aurait dû avoir conscience du danger et n'a pas pris les mesures nécessaires. D'où l'importance d'un document unique à jour et d'actions de prévention traçables.
La déclaration répond à une obligation. L'analyse, elle, répond à la vraie question : pourquoi l'accident s'est-il produit, et comment éviter qu'il se reproduise ? Deux méthodes sont particulièrement utilisées.
Développé par l'INRS, il part de l'accident et remonte, fait par fait, toutes les causes qui y ont conduit. Il oblige à chercher plusieurs causes, souvent organisationnelles, plutôt qu'à s'arrêter à « l'erreur humaine ». Il se construit idéalement en groupe, à chaud, avec la victime si possible, les témoins et l'encadrement.
Aussi appelée diagramme d'Ishikawa, elle classe les causes en cinq familles : Main-d'œuvre, Matériel, Méthode, Milieu et Matière. Plus rapide, elle convient bien aux accidents de faible gravité et aux presque-accidents.

L'analyse débouche sur un plan d'actions : chaque mesure a un responsable, une échéance et un suivi d'efficacité. Enfin, l'accident est une « information supplémentaire » au sens du Code du travail : il impose de mettre à jour le DUERP pour l'unité de travail concernée.
Pour piloter la prévention dans la durée, trois indicateurs sont incontournables.
C'est pourquoi il est utile de permettre à chacun de signaler une situation dangereuse en quelques secondes, sans formulaire papier ni compte à créer.
L'employeur dispose de 48 heures, non compris les dimanches et jours fériés, à compter du moment où il a connaissance de l'accident. Le salarié, lui, doit informer son employeur dans les 24 heures.
Oui, dès lors que l'accident a nécessité des soins médicaux. Seuls les accidents sans arrêt ni soins médicaux peuvent être inscrits au registre des accidents bénins, si l'entreprise remplit les conditions pour le tenir.
Non. Même en cas de doute sur l'origine professionnelle, l'employeur doit déclarer l'accident. Il peut en revanche émettre des réserves motivées dans les 10 jours francs. C'est la CPAM qui décide de la prise en charge.
Sur net-entreprises.fr, avec le service de déclaration d'accident du travail ou de trajet. La déclaration en ligne donne un accusé de réception immédiat, ce qui évite tout litige sur le respect du délai.
Une amende pour contravention de 4e classe et, surtout, le remboursement à la CPAM de la totalité des dépenses engagées pour la victime.
Oui, avec le même formulaire et dans les mêmes délais. Il n'est cependant pas pris en compte de la même manière dans le calcul du taux de cotisation AT/MP de l'entreprise.
Les informations de cet article sont données à titre indicatif et ne remplacent pas la consultation des textes en vigueur ou d'un conseil spécialisé.
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